Toutes les photos de cette articles sont les miennes.
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Le ferry, le minibus, les vignobles, le minibus, le minibus, les travaux sur la route, le minibus, le minibus, le lac. Bouffée de fraîcheur que ce lac transparent au pied des montagnes. Nager, nager, plus loin, rester là à flotter. Le minibus, le minibus, le minibus, les problèmes du minibus, le minibus, le minibus.
Résumé non exhaustif du ressenti de cette journée charnière, le passage de relais entre les deux plus grandes îles de Nouvelle-Zélande. Dès le départ de l’hôtel, à l’aube, il fait beau. La traversée du détroit est donc superbe, les premiers paysages de l’île du sud magnifiques. C’est plein d’entrain que notre groupe de joyeux français par à l’assaut de cette seconde île, en commençant par les vignobles parce qu’on est pas français pour rien. Pique nique devant une ancienne chapelle, au milieu des vignes, on profite à fond du moment, tout innocents que nous étions. Beaucoup de vins rouges à déguster, moi qui suis #teamvinblancsec je m’ennuie un peu, mais rien n’émousse mon bonheur, jusqu’à la reprise de la route. Plus de 300km de route nous attendent pour rejoindre notre prochaine étape. Ça fait beaucoup mais c’est largement faisable. Soleil, joyeuse bande et bonne humeur. Mais les travaux. Les travaux. Les feux alternant la circulation qui nous stoppent tous les 5km. Le goudron pas sec qui fond doucement sous le soleil de plomb, se prenant dans les pneus. Les graviers qui volent et fissurent le pare-brise. Et la route encore et toujours. La chaleur infernale dans le minibus, et l’humeur qui finit tout de même par s’émousser forcément. Je ne sais plus combien d’heures nous avons passés dans ce minibus à voir le paysage défiler, jusqu’à s’en dégouter presque. Presque hein, faut pas déconner.

Et pourtant… Cette journée fut objectivement la plus longue, et peut-être la plus pénible tant cette route n’en finissait pas. Et pourtant. Et pourtant le Lake Rotoiti. Après quelques heures, notre génial guide se dit qu’une petite pause au bord du lac fera du bien à tout le monde. La vue est fabuleuse ; le nord des Alpes Néo-zélandaise au loin, de l’autre côté des eaux transparentes. Mes copines de conneries et moi, on n’a pas fini de demander au guide si on peut aller se baigner qu’on est déjà en train d’enfiler les maillots de bain. L’eau est fraîche à tendance froide, mais après la fournaise du minibus, c’est la meilleure sensation du monde. Nager nager nager, comme pour atteindre l’autre extrémité et les montagnes. L’eau est fraîche, complètement transparente. Ce moment, cette parenthèse de même pas une heure, est l’un de mes moments préféré de ce voyage. Juste flotter dans l’eau au milieu des montagnes.

L’arrivée à Hammer Spring est un chouilla désorganisée. Nous sommes en retard, les appartements sont grands et la répartition des chambres est un peu chaotique, mais tout le monde trouve sa place et on peu filer au restaurant. La légèreté reviens enfin après ses kilomètres de fournaise, dans ce décors de Far West presque incongru.
La fournaise me poursuit et la nuit est courte. Déjà il faut repartir plus au sud, pour voir enfin les eaux bleues de Tekapo.
On arrive à mes souvenirs les plus beaux, à mon endroit préféré au monde. Au vrai coup de foudre. Tekapo, Mount John, Aoraki Mount Cook. Je ne sais plus par quoi on commence, je reprends cet article des années plus tard. Il y a eu la randonnée, je crois qu’on a commencé par la randonnée.

Beau à en crever. Le coup de cœur le coup au cœur. Le paysage est si grand que j’en pleure. C’est pas très long, mais on passe de champs d’herbes jaune, aux passerelles au-dessus de la rivière blanche et bleu, jusqu’au lac plein d’icebergs. Froid aux pieds. Les montagnes enneigées et le sol cramé, et l’eau azur en mouvement ou juste là à miroiter.

J’ai naturellement été poser mes fesses dans le lac, parce que j’ai le droit et je refuse de ne pas profiter chaque seconde de ce voyage extraordinaire. La journée terminée là-haut, un peu plus près des étoiles (🎶). Mount John, l’observatoire. On regarde, on écoute, on traduit pour les copaines. Et arrive, l’air de rien en passant entre 2 étoiles, comme posée là par hasard, la voie lactée. Ah oui. Quand même. Je rage presque de mes capacités limitées en photographie nocturne. C’est pas grave, mes yeux ne sont pas sures de vouloir partager le spectacle. C’est pas pareil sur un support. Je serais bien restée là toute la nuit malgré le froid, juste le regard perdus dans cette myriade d’étoiles, à m’emplir de la beauté et de la quiétude.
On ne reste pas assez dans cet endroit magnifique. 9 ans après ces paysages me manquent encore terriblement.

On reprends la route direction la ville pour faire réparer le minibus. On s’arrête pour un ultime vignoble, le plus austral, un vin blanc sec au milieu des vignes, calme serein malgré la foule et le monde et les gens et les français qui râlent et qui se pavane juste parce qu’ils sont français j’avoue c’est un petit peu exaspérant je veux juste découvrir les vins les gens les champs les paysages et ne jamais repartir parce que l’idée commence à s’insinuer je vais devoir repartir mais pourquoi mais comment mais non je veux rester dans ces lieux plein de vie et de beau tant de beau tellement beau.
La route reprends, du shopping à Queenstown qu’on ne visitera pas et je pense que c’est dommage, et le soir je la vois enfin cette nouvelle étoile dans mon monde à des milliers de kilomètre mais bel et bien visible dans le petit écran de mon téléphone. L’idée de rentrer est soudain aussi enviable que celle de rester, non pas que j’ai le choix de toute façon.
J’essaierais bien de trouver un titre poétique, mais ce nom se suffit tant le lieu est magique. Presque incroyable dans ses proportions. Trop de gens évidemment, malgré la pluie et la brume qui ajoute un charme et une magie à ce lieu trop remplis. Je ne parlerai qu’en image parce que les mots ne saurait rendre justice à Milford Sound.



Je ne sais plus si on était vraiment au sud du sud de l’île du sud, il y a eu un long débat cartographique auquel je n’ai pas pris part. J’ai préféré m’enivrer du paysage de vent, d’océan, de sable et de vraiment beaucoup de vent.

Et on remonte petit à petit la côté. Je ne me souviens plus des détails, je dois surement mélanger les jours. Il y a eu Dunedin, j’étais en retard c’était horrible je n’aime pas ça. Une jolie gare. Des pinguins bien planqués dans leurs terriers. Oh une maman cygne qui apprends à ses petits à nager dans les vagues de l’océan, spectacle quelque peu incongru. Les balles en pierre échouées sur la plage. Oamaru la ville steampunk. Visite loufoque mais très amusantes. C’est tout mélanger il y a beaucoup de bus, beaucoup de paysages, surement pas mal de fatigue parce qu’on arrive à la fin. Evidemment on va terminer en beauté.

Chère petite Pixelle, enfin tu était déjà grande il y a presque 30 ans, mais qu’importe. Tu a longtemps, très longtemps rêvé de quelque chose, et il va te falloir encore de la patience, mais ça va venir. Tu vas le faire. Dans des bonnes conditions, ballotée par les vagues, à flotter comme un bouchon, parfois seule au milieu de l’océan pendant quelques secondes, avec des amies nouvelles qui te resteront chères, du sel plein la bouche, les cheveux collés au visage, le monde flou autour de toi sans lunettes, mais tu va le faire, tu va nager – flotter – au milieu d’un groupe de dauphin sauvages qui danserons autour de toi, te frollerons sans jamais t’approcher. Ca sera plus magique que je ne l’écris surement, parce que c’est diffile de relater précisément un tel souvenir, de manière suffisamment détachée pour le narrer au monde, mais je t’assure, ce sera un moment merveilleux qui restera gravé pour toujours.

Le voyage est presque terminé. Une dernière soirée à refaire le monde sous les étoiles, les pieds dans l’océan au-dessus d’un vieux volcan avec un kiwi. Un dernier voyage en bus. Une dernière chambre d’hôtel, dans laquelle il faudra repenser la valise parce que comment je ramène tout ça en France moi ?! Une dernière ville, visite, balade. Un dernier pin’s. Un dernier au revoir aux copines qui poursuivent leur visite de l’océanie les veinardes. Une dernière balade à me demander pourquoi je dois partir déjà, ah oui j’ai pas le choix en fait c’est ça c’est dommage quand même je suis bien là j’ai pas du tout mais pas du tout envie de retourner à ma vie d’avant je suis bien ici sous les arbres à Christchurch.
Un dernier avion, et me voilà de retour, la famille, la merveille… et la neige au réveil. Putain il y a 3 jours je nagait avec des dauphins dans le pacifique c’est quoi cette histoire de neige ?!
